Par rapport à la version précédente, la « petite » Clio s’est embourgeoisée, gabarit et équipement plus complet obligent. Ainsi, elle accuse 1240kg sur la balance soit 130 de plus que la version 2004. Malgré la hausse de puissance (qui culmine à 200ch) le rapport poids/ puissance descend à 6.2kg/ch. Le tableau continue de se noircir encore un peu avec le moteur. Ce 2.0l 16 soupapes manque de piment. La courbe de couple se voit lissée par rapport aux versions précédentes qui, elles, ne faisaient pas dans la linéarité avec un moteur à deux visages, avec une explosion bien distincte à mi-régime. De plus il s’avère assez mou à bas régime. Cela risque d’être embêtant en ville…surtout pour une citadine ! Mais bon, la Clio III RS est avant tout conçu pour le sport extra-urbain.

Pour cela, le bloc affiche quand même des performances correctes dans ce segment avec un 0-100km/h en 6,9s, un 1000m départ arrêté en 27,5s pour une vitesse maxi de 215km/h (en déca des 220 de la version précédente). La raison provient de la nouvelle boite à 6 rapports qui dispose d’un étagement court. Le seul hic ? En 6eme, les trajets autoroutiers deviennent insupportables en raison du bruit. Les 130km/h réglementaire s’obtiennent à 4000tr/min, et la vitesse maxi à 7000tr/min. Aie ! En revanche, en conduite sportive ou musclée, cette boite courte, associée à la commande aux débattements courts et précis, donne des ailes à la Clio, ce qui participe grandement au plaisir. Les baquets assurent un excellent maintient et la position de conduite est améliorée et pensée pour le sport. Un regret toutefois au sujet de cet intérieur semblable à une Clio III DCi normale, ce qui s’oppose au kit carrosserie extérieur qui annonce la couleur.

Une fois passé le cap des 4000-5000tr/min, le 2.0l part facilement à l’attaque de la zone rouge. L’ensemble moteur/boite est une merveille, qui pousse à rester dans les tours. L’amortissement ferme ne caricature pas le confort comme pourrait le faire une Fiat 500 Abarth. Ce qui n’est pas de refus sur ces routes vallonnées et défoncées de la région stéphanoise. Malgré son poids, cette RS est une dévoreuse de succession de virages. Le châssis de cette bombinette est une prouesse. Il lui confère un équilibre et une stabilité hors-pair. Le sous-virage est limite inexistant grâce à un train avant qui reprend les organes de la Megane RS. L’essai de cette Clio par Autorencontres s’est effectué avec l’ESP débranché, ce qui libère le train arrière. Il se montre joueur avec une tendance à vouloir passer devant au levier de pied ou en freinage brutal en appui. Le tout dans une progressivité déconcertante, à en devenir trop facile. En parlant de freinage, la Clio III RS adopte des disques ventilés de 312mm à 4 pistons pour l’avant et des disques pleins de 300mm à l’arrière. Le feeling à la pédale est plus que satisfaisant et le système encaisse les freinages répétés sans broncher. La direction me laisse un gout amer en revanche. Le volant épais a un bon retour d’informations mais l’assistance électrique me donne l’impression d’être dans un simulateur. Peut être qu’elle exige une certaine accoutumance, mais, à mon avis, une assistance hydraulique conventionnelle aurai apportée un plus à la conduite de la voiture.

Cette Renault Sport Clio RS a tout d’une GTI, ou presque. Un châssis digne de ce nom, un freinage au mordant et à l’endurance de confiance et un moteur gourmand des hauts régimes. Mais il se montre trop peu démonstratif à bas régime et surtout trop linéaire, ce qui lisse les sensations. Qu’importe. Sur le marché de l’occasion elle se négocie entre 10000€ et 15000€ selon l’état, les options et le kilométrage. Elle affiche un rapport prix/plaisir des plus avantageux. Une bonne affaire…si l’on n’est pas trop exigeant !